PENSEE DU MOMENT !
Un type qui pense qu’il est arrivé,
c’est qu’il n’allait pas loin.
JEAN CARMET
CHALUT TOI LE VISITEUR
SOIS LE BIENVENUE
DANS LE MONDE DE COOKI,
LE CHAT CHRONIQUEUR
PHOTO COSAQUE 06/2008

Un type qui pense qu’il est arrivé,
c’est qu’il n’allait pas loin.
JEAN CARMET
Accoudé à la machine à café, tu rêvasses, lampant peu à peu ce breuvage chaud, erzats soit disant Colombien et censé te réveiller. Ton esprit vagabonde et
s'éloigne de ton lieu de travail, provoquant souvent la colère de tes supérieurs, attendant de toi, c'est le minimum, une simple justification de la nécessité de ton poste. Par définition, tu es
un rêveur, c'est d'ailleurs le surnom qui te colle à la peau depuis ta naissance :
" Le rêveur " !
Accoudé à la machine, tes yeux transpercent ces murs, le cerveau en ébullition, tu voyages au-delà du temps, au-delà des êtres qui t'entourent et cherchent en vain à te saisir, à mieux t'appréhender. Nul ne te connaît réellement, pas même au sein du cercle familial, personne ne découvre le fond de ta personnalité, d'ailleurs tu n'aides jamais sur ce point. La tête dans les nuages, tu vis en une autre dimension.
Accoudé à la machine, tes souvenirs font surface et t'engloutissent en une marée plaisante mais terrifiante tant son déferlement t'ébranle. Tes parents tentent de comprendre, cherchent à t'aider. Des années durant ils t'accompagnent, chaque semaine, chez le psychologue qui veut te ramener à la réalité. Tu cherches à expliquer que le rêve, en toi, est nécessaire, que tu te sens bien ainsi, et qu'il est ton moteur de vie. Pourtant, dans le monde qui t'entoure, chacun s'accorde à croire que cet état n'est en rien constructif. Pour toi, c'est l'inverse.
Accoudé à la machine, tes errements t'entrainent, toujours plus loin, toujours plus haut, vers des sommets jamais atteints, des rivages inexplorés, des forêts inexploitées. Tu respires l'air de tes méditations, aspires à la plénitude et à la quiétude de l'instant divin, où bercer de tes rêves, tu les pénètres, pour les vivre plus intensément.
Accoudé à la machine, tu recherches la paix intérieure, celle qui apaise tes équipées chimériques, efface tes souffrances, et t'aide à vivre tout simplement.
La voix de la sagesse s'impose à toi, tu dois cesser cet état, mais tu voyages, solitaire, abandonné et homme désarçonné par tant d'incapacité des autres à admettre ta vérité.
Accoudé à la machine à café, tu rêvasses, le liquide est froid, tu l'avales d'une gorgée, t'en retournes à ton bureau, et te plonges dans tes dossiers. Il te faut bosser dur pour rattraper ces cinq minutes de rêves que tu viens de t'offrir, car demain au tribunal, tu plaides la défense d'un voleur qui rêve d'une vie meilleure. Tu ne veux pas louper ta plaidoirie, tu ne veux pas que les jurés lui volent tous ses rêves et sa vie. Tu veux leur faire comprendre que le rêve, n'est pas un crime. Mais, hors de la légalité, le rêve se tait, s'estompe, et se meurt…
Ton inquiétude, si légitime soit – elle, peut n'intéresser personne, pas même le quidam du coin de ta rue. Pourtant, avide de toutes nouvelles rumeurs, c'est lui qui colporte, agrémentant les échos suivant l'inspiration du moment. Ce matin, ta grande fébrilité est perceptible. Il est vrai, que ta journée commence fort mal…
Ton inquiétude, est née dès potron-minet, à l'instant précis, où le coq pousse son chant égrillard du matin, où l'église disperse le son fêlé de ses cloches. Au moment choisi par toi, où retenti alors la sonnerie du réveil matin, négligemment posé sur une pile de bouquin…
Ton inquiétude se confirme dès l'ouverture des volets, il pleut. Cette pluie fine de décembre, en gouttes serrées va te transpercer les os, surtout que ton vieil imperméable ne porte plus ce nom qui lui doit son succès. Face à ton miroir, ton visage mal rasé se reflète, et ton rasoir glisse sur ta peau, aidé par une main mal assurée, vivant au bout de ce bras tremblotant. Résultat de longues nuits blanches, de verres trop pleins, de volutes de fumée de cigarettes allumées les unes aux autres. Catastrophique, cette entaille en milieu de joue, et ces gouttes de sang perlant sur ton visage et s'attardant sur ton col de chemise...Perdu dans tes pensées, ces tâches ne retiennent pas ton attention…
Ton inquiétude grandi, s'amplifiant à chaque instant et atteint au paroxysme, à l'insupportable. Ta sciatique se réveille avec retard, mais elle est debout et pour éviter l'oubli elle te rappelle sans cesse à l'ordre. Tu dois sortir, rejoindre la gare sous cette pluie fine et glaciale, afin d'attraper le train de 6 heures cinq. Sur le quai, quelques personnes attendent déjà…Des joyeux, des endormis, des hagards des hébétés mais pas d'inquiets, tu es le seul…
Ton inquiétude te taraude plus fortement encore lorsque tu te rends compte d'un fait intolérable, d'un manquement impardonnable, d'un évènement inqualifiable qui met en cause ta sécurité. Et cette sciatique qui te nargue !
Les risques incalculables assaillent ton esprit et tu cèdes à la frayeur. Cette panique qui engendre chez toi la peur, l'effroi et l'anxiété. Ce matin, mal réveillé, tu as oublié d'attacher tes lacets…et tu ne peux te baisser, au risque de rester coincé !
Ton enfance, est heureuse et joyeuse, choyé par tes parents, adoré de ta grande sœur, aimé de tous. Jusqu'au jour où fatigué, tu souffres en grimpant les escaliers de ton école…Le médecin
conseille la visite chez un spécialiste qui s'inquiète et débute alors pour toi un long et pénible parcours, celui des examens, analyses et radios…Le verdict tombe, sans appel presque sans
espoir, terrible pour ta famille et tes proches. Diagnostic détestable et exécrable, tu souffres d'une myopathie…dans une forme irrévocable.
Mon fils, du même âge, en pleine santé, reçoit, comme nous la nouvelle en pleine gueule. Et il hurle à l'incompréhension. A la lancinante question qui le taraude, nul ne sait quoi répondre. Dis - Papa, les médecins, ils vont faire quoi ? Je comprends sa colère, son indignation, ses questions. Nous pleurons face à notre incapacité à pouvoir t'aider. Puis peu à peu, ta marche s'est faite de plus en plus délicate, de plus en plus difficile, jusqu'au jour où, tu t'installes, contraint et forcé dans ce fauteuil roulant pour ne plus en sortir que pour aller au lit, avec ce besoin impératif d'être aidé en permanence.
La maladie, insidieuse, vicieuse, peu à peu fait son chemin et te mange les muscles un à un, sans en oublier un seul ! Tu ne respire plus qu'avec une assistance et chaque mouvement est une longue et pénible entreprise.
Parfois, nous regardons les films de l'époque, tu cours, chantes et danses. Jusqu'au jour où…Maudit fauteuil pourtant si nécessaire ! Et bien vite, nous arrêtons cette cassette, car la dégradation fut lente, et nous ne voulons garder de toi que de merveilleux souvenirs.
Et en pleine souffrance, c'est toi qui nous donnes de grandes leçons de vie. Ton sourire, ta force de caractère, tes projets, tes études. Ton répétiteur, sans cesse à tes côtés, n'en revient pas. Bac avec mention, puis université pour te diriger vers la recherche. Ta vie un soir, s'arrête là, dans ta chambre, au lit, ta respiration se fige. La maladie a gagné, une fois encore elle terrasse un adolescent pas encore tout à fait adulte. Alors pour Toi, pour tous ceux qui ne sont plus, mon cœur se serre en ces terribles moments. Pardonne si tu peux, à ce vieillard qui souhaitait polémiquer…Nous, nous pensons toujours à Toi, et t'adressons notre plus beau sourire, celui de l'espoir qui nous habite depuis 23 ans, depuis le premier Téléthon…Espoir de milliers de malades, de millions de gens en souffrance…Du haut de notre suffisance, de notre arrogance et de nos certitudes, nous lutterons pour aider les chercheurs, jusqu'au jour où, ils terrasseront à leur tour les maladies qui gagnent encore de par le monde.
Bien à toi…
Choisis ton camp camarade, tu ne peux pas toujours ménager la chèvre et le chou, manger l'entrée d'un côté et le dessert de l'autre. Bref, rappelle-toi, dans l'isoloir si tu mets deux bulletins dans l'enveloppe, le vote est nul, et si tu ne mets aucun papier, il est blanc ! Alors il faut choisir, et c'est là ton problème depuis ta plus tendre enfance tu balances toujours entre diverses solutions…Pesant toujours le pour et le contre, le contre du pour et le pour du contre. C'est ainsi que l'on ne prend jamais de décision…
Choisis ton camp camarade, l'heure a sonné de décider et d'assumer. A l'heure où les contradictions s'étalent au grand jour…A l'instant où l'on explique que pour être régularisé, un sans papier doit prouver qu'il est présent en France depuis cinq ans. C'est pousser les braves à la tricherie non ? Et toi, tu penses quoi ?
Choisis ton camp camarade, ouvre là, exprime toi et n'aie pas honte de tes idées. Affirme et défends tes sentiments, développe tes arguments, fais reconnaître ta façon de penser, d'être et de vivre. La balle est dans ton camp, la seule contrainte que tu te dois de t'imposer, c'est le respect de l'autre…Oui, ça te semble ringard, et pourtant cette notion doit revenir de nouveau dans le comportement de l'humain, sans ce retour vers cette valeur, les hommes se perdront…Il reste encore une chance, à toi de la saisir !
Choisis ton camp camarade, cesse de te dissimuler derrière un devoir de réserve. Trop pratique et bien confortable. Démontre les brimades, démonte les attaques racistes dont tu fais l'objet, sauf au moment d'offrir le verre de rhum de chez toi. La honte n'existe que dans ton silence, sorte de cautionnement de ce qui ce passe dans certaines des casernes françaises. Même non violent, anti – militariste, tendance pacifiste, je ne veux que ton bonheur. Et tu ne le trouveras que dans la manière d'assumer ta fonction, ta vie et ton devoir de citoyen : Celui de dénoncer toutes injustices.
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