PENSEE DU MOMENT !
Un type qui pense qu’il est arrivé,
c’est qu’il n’allait pas loin.
JEAN CARMET
CHALUT TOI LE VISITEUR
SOIS LE BIENVENUE
DANS LE MONDE DE COOKI,
LE CHAT CHRONIQUEUR
PHOTO COSAQUE 06/2008

Un type qui pense qu’il est arrivé,
c’est qu’il n’allait pas loin.
JEAN CARMET
CHATLUT VOUS TOUS.
Le " gonze " assi face à moi, tape d'un doigt ma déposition, ça va prendre des heures encore ce truc. Il ne veut prévenir personne, je n'ai pas le droit de téléphoner et mon avocat n'est encore pas contacté…J'ai beau lui balancer sous le nez, ma carte d'identité des félins, rien à faire. Il me signifie ma garde à vue. Hé pomme à l'eau, tu ne sais pas qu'un mineur doit être entendu en présence des parents ! Bon, Cosaque doit se faire un sang d'encre…Je me mets à miauler mon innocence, tant et si bien que le policier en arrive à comprendre, et appelle le juge, tu sais celui qui doit disparaître dans un proche avenir…In finé (vois – tu, moi aussi je peux causer comme un " BOBO ") me voilà libéré….Je hèle un taxi et rentre illico à la maison, remettant mes courses à demain.
La gamine a tendu un balai entre deux portes et s'en sert de barre de danse. La radio égrène des notes de piano, et en rythme, Rumba fait ses exercices d'assouplissement ! Fulgurants les progrès réalisés en quelques heures. Pour sur que le gala de fin d'année sera une réussite avec des talents pareils ! Moi, je fonce au bureau, range mes papiers, chéquiers et carte " Super prémium ", et vais rejoindre mon fauteuil, pour un repos bien mérité.
Je ne trouve pas le sommeil…L'inquiétude me gagne, comment va la vendeuse ?
N'y tenant plus, je décroche le téléphone et tente de joindre la boutique…La petite voix fluette de la vendeuse déjà échappée des urgences se fait entendre, et lorsque je décline mon identité, je n'obtiens qu'un hurlement et des vociférations. Elle ne veut toujours pas croire que je parle, et sa certitude d'une mauvaise blague reprend le dessus, elle me raccroche au nez.
Bien, ma décision est prise, je n'irai faire mes courses qu'avec Mamouchka, évitant ainsi toutes histoires, avec les humains…Bien compliquée, finalement cette race de terriens !
CHATLEUREUSEMENT VOTRE.
CHATLUT VOUS TOUS.
Enfin, Cosaque s'est décidé à écouter mes doléances et accepter mon cahier des charges. Pas de raison qu'il profite sans moi des royalties versées par mon éditeur. Jusque là honoré en croquettes luxe fourrées, boîtes cartonnées, parfums divers, sympa, lui n'en croque pas ! Mais depuis que l'éditeur me paie en " Suisse " sur compte net et sans secret, les euros, je n'en vois pas la couleur…Bon d'accord, Cosaque m'a expliqué que mes gains sont bloqués jusqu'à ma majorité, et que seuls quelques euros pour frais courants sont à disposition ! Attends, là faut pas croire que tous les gamins qui font de la pub, du ciné, des disques, des comédies musicales, vivent tous dans la dèche ! Les dessous de tables, tu connais Cosaque ? Honnête ? " O.K. ", confonds pas avec sot ou borné ! Et puis l'âge de la majorité des chats, ils en ont causé les députés ?
Finalement me voilà titulaire d'un compte avec chéquier et carte bleue…Un vrai pro le matou ! Et puis, je voulais mon autonomie, c'est bientôt Noël, non ? Alors quémander à chaque idée cadeau, ce n'est pas mon truc ça ! Fière allure le Cooki, avec sa pochette, ses chèques et sa carte " SUPER PREMIUM " !
Prémium de quoi ? De cotisation plus élevée, ça c'est sur ! Pour les services, je crois déceler une arnaque…Ah les humains, rois de la bistrouille ! Bon, ne râlons pas et profitons des bienfaits procurés par mes gains !
Premier achat, pour Cosaque, une pipe en écume de mer…J'en ai vu une superbe représentant un vieux loup de mer, même s'il ne la fumera que très rarement, elle fera bonne effet sur son étagère au dessus de son bureau…Et là commence les embrouilles, déjà convaincre la vendeuse qu'un chat qui fait des courses, ça existe. Ensuite fais lui comprendre toi, que dans son croissant du matin, le boulanger n'a pas obligatoirement fourré du cannabis, et qu'elle n'a pas des visions. Bon, la voilà qui tombe à la renverse. Et une fois sur les fesses, faut la relever la vendeuse, en plus, avec ça les croissants lui sont tombés sur les hanches, et ça doit faire des lustres qu'elle en engouffre ! Le patron, devant cette catastrophe, appelle les pompiers, et hop, la vendeuse aux urgences, pourtant elle n'a rien, et Cooki au poste…Délit de faciès, oui, j'en suis victime…Mais là, n'est pas mon dernier mot !
CHATLEUREUSEMENT VOTRE.
CHALUT VOUS TOUS,
Voilà que la révolution éclate dans la maison…Rumba rouspète, tempête et vitupère, n'ayant de cesse de réclamer à Mamouchka de l'inscrire aux cours de danse. Je ris sous cape. Hé, tu la vois toi la Rumba en petit "rat" de l'opéra ?
La " ch'tiote " a tellement bien manœuvrée qu'elle est inscrite, et déjà en fin d'après midi, les premiers pas de deux ! Mais pour l'heure, Mamouchka, liste en main, choisit tutu et chaussons…Blocage sur le choix de couleur. La vendeuse y va bien entendu de son petit conseil et cherche à mettre RUMBA en valeur. Pas peu fière la " grisette ", elle me miaule ses questions attendant mon avis qui semble important pour elle. Après quelques palabres nous tombons d'accord, le blanc lui va si bien, faisant ressortir toutes les nuances de gris de son pelage ! Mamouchka en profite pour m'offrir un superbe survêtement du plus bel effet. COOKI sportif de haut niveau ! C'est nouveau, mais j'suis tout beau !...
Face au miroir, la gamine se contemple, heureuse comme une petite princesse, j'avoue qu'elle a la classe et la grâce dans son tutu flamboyant. Elle se lisse le poil qui brille de mille feux. Elle joue la star quelques instants, trouvant que son image lui convient, range ses accessoires dans son sac et s'en vient se blottir et dormir contre moi. La visite des magasins l'a épuisée, et pour sa rentrée de danseuse, elle tient à être en pleine forme…
Déjà presque vingt minutes que le cours a débuté et RUMBA semble un peu dépitée. Point de tutu, pas de chausson non plus. Short collants et basquets, pas de danse non plus, seulement des mouvements, des étirements, de coutes courses rapides à petits pas, puis une longue séance de gymnastique au sol ! Bref, l'apprentissage débute, et Rumba découvre que la danse, c'est du sport mais surtout de l'art…
De retour à la maison, elle nous livre ses premières impressions, elle est heureuse bien que fatiguée, et attend avec impatience la prochaine initiation, rêvant au rôle qui lui sera confié lors du gala de fin d'année…Elle n'a pas fini d'alimenter mes chroniques celle là !
CHATLEUREUSEMENT VOTRE.
CHALUT VOUS TOUS.
Depuis quelques temps, j'ignore totalement toutes les infos…Je m'enferme dans ma bulle, refusant ces désinformions et ces tentatives de manipulations. Je m'occupe de la santé de Cosaque, en attente d'intervention chirurgicale, et de celle de RUMBA. Pour elle, l'opération est déjà un vieux souvenir qui ne semble avoir laissé aucune trace, elle grimpe de nouveau aux rideaux, escalade les murs et continue ses courses folles. Pas d'inquiétude pour sa convalescence déjà terminée me semble t-il…
Aujourd'hui, je suis atteins par un drôle de virus, une flémingite aigüe…Entends par là, Ami lecteur, que je me traîne du fauteuil au radiateur, et du radiateur au fauteuil. Sans doute la grisaille de novembre fait son œuvre sur mon mental félin.
L'automne a beau parer les arbres de ses couleurs feux, rien n'y fait...Mais après tout, rien ne presse, rien ne stresse, seule la paresse me fait du bien ! Il est des jours ainsi, où comme les humains, j'aime ne rien faire…Ne condamne pas, cela t'arrive sans doute à toi aussi, non ?
Seul, un sentiment de lassitude m'envahit, de déception également. Et oui, malgré les prévisions de mon éditeur et celles de mon agent, j'ai loupé ma rentrée littéraire. Pas de prix cette année encore. Bon vous me direz que ce genre de récompense ne couronne que des écrivains confirmés, oui, et moi je suis quoi ? Certes je n'ai peut – être pas leur talent, mais tout de même ! Enfin, la consolation réside dans le fait que je suis en course pour le prix " Félins 2009 ", et là la concurrence bien que présente est moins rude…
Et soudain, ma muse me taquine et vient me titiller. Alors, adieu paresse, radiateur et fauteuil, voilà que la frénésie du tripotage du clavier me reprend, et que les mots coulent sous mes doigts. Je transpire, m'inquiète, lis et relis, corrige. Bref, je suis atteins d'un autre virus, celui de l'écriture. A mon grand plaisir et au tien que j'espère encore présent, me voici redevenu le chat chroniqueur…
CHATLEUREUSEMENT VOTRE.
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