PENSEE DU MOMENT !
Un type qui pense qu’il est arrivé,
c’est qu’il n’allait pas loin.
JEAN CARMET
CHALUT TOI LE VISITEUR
SOIS LE BIENVENUE
DANS LE MONDE DE COOKI,
LE CHAT CHRONIQUEUR
PHOTO COSAQUE 06/2008

Un type qui pense qu’il est arrivé,
c’est qu’il n’allait pas loin.
JEAN CARMET

MON AMI, cette première nuit de décembre est longue pour toi, interminable. Le froid intense, le sol dur et gelé, la peur, la honte et la tristesse t'ont tenu éveillés jusqu'au petit matin. Ton corps, endolori et presque inerte se rappelle à ta raison. Ton âme se torture, ton cerveau s'éteint, tu n'es plus tout à fait toi.
MON AMI, cette nuit encore, tu laisses passer la maraude. Caché dans tes cartons qui te servent de maison, tu as bu ta honte. Et le petit matin qui se lève ne t'apporte aucun réconfort. Il te renvoie à tes souvenirs, du temps où tu étais travailleur, fier de l'être et heureux de vivre en famille. Tu n'es plus vraiment toi.
MON AMI, ce liquide âcre qui fait ton quotidien, devient ta prison. Coule en toi des degrés jamais atteins, tes rêves s'éloignent, tes espoirs s'évanouissent, ton esprit de conquêtes s'amenuise. Les jours, les heures t'agressent d'avantage, et chaque instant qui passe te rapproche du néant. Tu n'es plus toi.
MON AMI, ne laisse pas le froid envahir ton être. Prend la main qui se tend, accepte une aide et repart du bon pied. Reçois cette chaleur humaine que certains t'offrent encore, relève la tête, il n'est jamais trop tard. Une larme coule sur ta joue et gèle sur ton visage. Tu fermes les yeux, reviens à toi.
MON AMI, la neige recouvre la ville, le silence enveloppe le fleuve, sous les ponts nul endroit sec, tes cartons se dissolvent, ta maison disparaît. Regarde, ton vieux pote est face à toi, et il ne t'oublie pas, viens, je t'emmène. Café, croissants sur le zinc du bistro, un brin de toilette et tu commences à te ressembler, tu redeviens un peu toi.
MON AMI, Vois, les lumières de la ville s'éteignent, les rues s'animent, les
voitures entament leurs courses folles et les concerts d'injures débutent. Quitte ce monde qui te bouffe, ne te laisse pas envahir par lui, tu risquerais d'apprendre à l'aimer et de ne plus
vouloir le quitter. N'écoute pas tes scrupules, ne parle pas de pitié ou de charité, tous ces sentiments n'ont rien à faire ici. Entends, je parle d'amitié, de soutient, et d'amour de
toi…Reprends confiance. Laisse-toi guider à redevenir tout à fait toi.

A SAVOIR que désormais, tu peux tout changer, tout chambouler, et réussir à embellir ta vie. Au fond de toi-même, existent force et volonté, cette ténacité et cet immense pouvoir. Cette faculté
réside en un coin caché de ton être, cherche bien, tu vas trouver. C'est certain. Puise au repli dissimulé cette hardiesse qui est tienne, nul autre que toi ne saura la découvrir.
A savoir que désormais, il te faut du temps et une pincée d'envie. Laisse mijoter, tout en surveillant, et au moment crucial, à l'instant " T ", tu fonces. Les premiers sentiments ne sont qu'inquiétude, désarroi, crainte ou appréhension.
La peur même peut te vriller les tripes, mais les instants de bonheur prennent place, et peu à peu, tu te rends compte du bienfait de ta décision. Une certaine plénitude t'habite, et ta force s'enveloppe de grandeur et de robustesse. Energie positive, source de sourire et d'offrande, mine de soleil, d'Amour et d'Amitié. Source de vie.
A savoir que désormais, tu es condamné à avancer sur ce chemin, point de retour sur le passé, si ce n'est les souvenirs qu'en toi tu veux garder et faire danser. Nul regret, ton âme se réchauffe, ton corps se meut en une gracieuse harmonie, en phase avec ta conscience et ta personnalité, tu te sens comme allégé de ces souffrances oubliées. Celles de ce temps déjà lointain où tu n'étais pas tout à fait toi-même.
A savoir que désormais, tu ne te reconnais pas, mais tu n'a plus à te chercher, tu es là, en toi. Tu vois, avec un peu de courage et d'abnégation tu réussis à te trouver. La lumière jaillit en une source vive et intarissable, et tu projettes autour de toi ces étoiles de nouvelle existence. Tu donnes aux autres une image changée, mais, n'oublie plus jamais, tu es enfin toi.
A savoir que désormais, tu rayonnes de bonheur, tu danses et chantes à la vie.
Tes joues, rosies de tant de plaisir, se remplissent. Tes désirs volent au
vent de l'avenir, tu projettes déjà tant et tant que tu ne sais si le monde sera assez grand pour contenir ce vécu qui te tends les bras. Seul le destin peut changer le cours des choses, prends
le en main lui aussi ! Tu vois, finalement le bonheur c'est si simple, de l'attraper, de le faire sien pour mieux le partager. Tout ceci grâce à T O I, à ta force intérieure.
Accoudé à la machine à café, tu rêvasses, lampant peu à peu ce breuvage chaud, erzats soit disant Colombien et censé te réveiller. Ton esprit vagabonde et
s'éloigne de ton lieu de travail, provoquant souvent la colère de tes supérieurs, attendant de toi, c'est le minimum, une simple justification de la nécessité de ton poste. Par définition, tu es
un rêveur, c'est d'ailleurs le surnom qui te colle à la peau depuis ta naissance :
" Le rêveur " !
Accoudé à la machine, tes yeux transpercent ces murs, le cerveau en ébullition, tu voyages au-delà du temps, au-delà des êtres qui t'entourent et cherchent en vain à te saisir, à mieux t'appréhender. Nul ne te connaît réellement, pas même au sein du cercle familial, personne ne découvre le fond de ta personnalité, d'ailleurs tu n'aides jamais sur ce point. La tête dans les nuages, tu vis en une autre dimension.
Accoudé à la machine, tes souvenirs font surface et t'engloutissent en une marée plaisante mais terrifiante tant son déferlement t'ébranle. Tes parents tentent de comprendre, cherchent à t'aider. Des années durant ils t'accompagnent, chaque semaine, chez le psychologue qui veut te ramener à la réalité. Tu cherches à expliquer que le rêve, en toi, est nécessaire, que tu te sens bien ainsi, et qu'il est ton moteur de vie. Pourtant, dans le monde qui t'entoure, chacun s'accorde à croire que cet état n'est en rien constructif. Pour toi, c'est l'inverse.
Accoudé à la machine, tes errements t'entrainent, toujours plus loin, toujours plus haut, vers des sommets jamais atteints, des rivages inexplorés, des forêts inexploitées. Tu respires l'air de tes méditations, aspires à la plénitude et à la quiétude de l'instant divin, où bercer de tes rêves, tu les pénètres, pour les vivre plus intensément.
Accoudé à la machine, tu recherches la paix intérieure, celle qui apaise tes équipées chimériques, efface tes souffrances, et t'aide à vivre tout simplement.
La voix de la sagesse s'impose à toi, tu dois cesser cet état, mais tu voyages, solitaire, abandonné et homme désarçonné par tant d'incapacité des autres à admettre ta vérité.
Accoudé à la machine à café, tu rêvasses, le liquide est froid, tu l'avales d'une gorgée, t'en retournes à ton bureau, et te plonges dans tes dossiers. Il te faut bosser dur pour rattraper ces cinq minutes de rêves que tu viens de t'offrir, car demain au tribunal, tu plaides la défense d'un voleur qui rêve d'une vie meilleure. Tu ne veux pas louper ta plaidoirie, tu ne veux pas que les jurés lui volent tous ses rêves et sa vie. Tu veux leur faire comprendre que le rêve, n'est pas un crime. Mais, hors de la légalité, le rêve se tait, s'estompe, et se meurt…
Ton inquiétude, si légitime soit – elle, peut n'intéresser personne, pas même le quidam du coin de ta rue. Pourtant, avide de toutes nouvelles rumeurs, c'est lui qui colporte, agrémentant les échos suivant l'inspiration du moment. Ce matin, ta grande fébrilité est perceptible. Il est vrai, que ta journée commence fort mal…
Ton inquiétude, est née dès potron-minet, à l'instant précis, où le coq pousse son chant égrillard du matin, où l'église disperse le son fêlé de ses cloches. Au moment choisi par toi, où retenti alors la sonnerie du réveil matin, négligemment posé sur une pile de bouquin…
Ton inquiétude se confirme dès l'ouverture des volets, il pleut. Cette pluie fine de décembre, en gouttes serrées va te transpercer les os, surtout que ton vieil imperméable ne porte plus ce nom qui lui doit son succès. Face à ton miroir, ton visage mal rasé se reflète, et ton rasoir glisse sur ta peau, aidé par une main mal assurée, vivant au bout de ce bras tremblotant. Résultat de longues nuits blanches, de verres trop pleins, de volutes de fumée de cigarettes allumées les unes aux autres. Catastrophique, cette entaille en milieu de joue, et ces gouttes de sang perlant sur ton visage et s'attardant sur ton col de chemise...Perdu dans tes pensées, ces tâches ne retiennent pas ton attention…
Ton inquiétude grandi, s'amplifiant à chaque instant et atteint au paroxysme, à l'insupportable. Ta sciatique se réveille avec retard, mais elle est debout et pour éviter l'oubli elle te rappelle sans cesse à l'ordre. Tu dois sortir, rejoindre la gare sous cette pluie fine et glaciale, afin d'attraper le train de 6 heures cinq. Sur le quai, quelques personnes attendent déjà…Des joyeux, des endormis, des hagards des hébétés mais pas d'inquiets, tu es le seul…
Ton inquiétude te taraude plus fortement encore lorsque tu te rends compte d'un fait intolérable, d'un manquement impardonnable, d'un évènement inqualifiable qui met en cause ta sécurité. Et cette sciatique qui te nargue !
Les risques incalculables assaillent ton esprit et tu cèdes à la frayeur. Cette panique qui engendre chez toi la peur, l'effroi et l'anxiété. Ce matin, mal réveillé, tu as oublié d'attacher tes lacets…et tu ne peux te baisser, au risque de rester coincé !
LA NOURRITURE DES ARTISTES SONT LES APPLAUDISSEMENTS
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