PENSEE DU MOMENT !

Un type qui pense qu’il est arrivé,

c’est qu’il n’allait pas loin.

  JEAN CARMET


Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 16:38


CHALUT VOUS TOUS.

 

 


Tranquillement installé à ma table favorite de ce restaurant renommé, je découvre le nouveau menu proposé par le chef. Les vibrisses en éveils et le nez au vent, les senteurs de cuisine me parviennent de manières plus qu'agréables. Noms de plats évocateurs couchés sur parchemin, couverts argent et nappe tissu, c'est la classe. La commande passée, sirotant l'apéro du patron, j'ai l'esprit vagabond.

 

L'attente dure plus que de coutume et là je m'inquiète. Dans la salle il y a pourtant peu de monde, j'entends le brouhaha du personnel. Une odeur de révolte semblerait se dessiner et flotte dans l'air un parfum de revendication. Je comprends les explications du serveur, la baisse de " T.V.A. " ne profite pas aux employés de l'établissement et voilà le pourquoi de ces longues discussions. Mais une augmentation de salaire n'est pas la requête de ces travailleurs et sur ce point, le serveur se fait plus que discret. Impossible de l'entendre m'avouer l'objet de leurs désirs, ses lèvres me glissent simplement à l'oreille le principe d'une noble cause. Et il s'excuse de cette attente qui s'éternise et ne prendra fin qu'après satisfaction de leurs récriminations.

 

A l'instant, où je me questionne sur le choix de l'attitude à adopter, le serveur apparaît, sourire aux lèvres, déposant devant moi, mon plat fumant et odorant.

Je me régale par avance de ces " Habitants des mers sur lit de goémon ", et débute enfin ma dégustation. Le goût iodé de ce poisson, le parfum de ces algues me ravissent, le palais en fête je me laisse aller à un bienfait évident.

Une camionnette se range sur le trottoir de l'auberge, et un ballet bien étrange se met en place. Tous les employés aidés par le patron, vont de la cuisine au véhicule, transportant gamelles, plats et récipients, d'où s'échappent des odeurs à faire pâlir plus d'un chef cuisinier.

 

C'est au moment de l'addition que je trouve l'explication écrite sur une petite carte à l'effigie du restaurant : " Amis clients, la baisse de T.V.A. n'apparaît ni sur vos notes, ni sur les bulletins de salaires de nos employés. A leurs demandes, elle sert à la confection de plats offerts gracieusement aux nécessiteux du quartier. En déjeunant ici, vous avez contribué au plaisir de ces gens là " !

Il ne me reste qu'à dire bravo pour cette initiative, puisse t'elle s'étendre ailleurs en France, et que cesse, un jour cette honte qui existe encore…la faim à nos portes…Sans partage, nous ne sommes rien, et ne seront jamais rien.

 

CHATLEUREUSEMENT VOTRE.

Publié dans : LES CHRONIQUES DE COOKI - Communauté : Diaspora Zorange
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