PENSEE DU MOMENT !

Un type qui pense qu’il est arrivé,

c’est qu’il n’allait pas loin.

  JEAN CARMET


Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 16:54

MON AMI, cette première nuit de décembre est longue pour toi, interminable. Le froid intense, le sol dur et gelé, la peur, la honte et la tristesse t'ont tenu éveillés jusqu'au petit matin. Ton corps, endolori et presque inerte se rappelle à ta raison. Ton âme se torture, ton cerveau s'éteint, tu n'es plus tout à fait toi.

 

MON AMI, cette nuit encore, tu laisses passer la maraude. Caché dans tes cartons qui te servent de maison, tu as bu ta honte. Et le petit matin qui se lève ne t'apporte aucun réconfort. Il te renvoie à tes souvenirs, du temps où tu étais travailleur, fier de l'être et heureux de vivre en famille. Tu n'es plus vraiment toi.

 

MON AMI, ce liquide âcre qui fait ton quotidien, devient ta prison. Coule en toi des degrés jamais atteins, tes rêves s'éloignent, tes espoirs s'évanouissent, ton esprit de conquêtes s'amenuise. Les jours, les heures t'agressent d'avantage, et chaque instant qui passe te rapproche du néant. Tu n'es plus toi.

 

MON AMI, ne laisse pas le froid envahir ton être. Prend la main qui se tend, accepte une aide et repart du bon pied. Reçois cette chaleur humaine que certains t'offrent encore, relève la tête, il n'est jamais trop tard. Une larme coule sur ta joue et gèle sur ton visage. Tu fermes les yeux, reviens à toi.

 

MON AMI, la neige recouvre la ville, le silence enveloppe le fleuve, sous les ponts nul endroit sec, tes cartons se dissolvent, ta maison disparaît.  Regarde, ton vieux pote est face à toi, et il ne t'oublie pas, viens, je t'emmène. Café, croissants sur le zinc du bistro, un brin de toilette et tu commences à te ressembler, tu redeviens un peu toi.

 

MON AMI, Vois, les lumières de la ville s'éteignent, les rues s'animent, les voitures entament leurs courses folles et les concerts d'injures débutent. Quitte ce monde qui te bouffe, ne te laisse pas envahir par lui, tu risquerais d'apprendre à l'aimer et de ne plus vouloir le quitter. N'écoute pas tes scrupules, ne parle pas de pitié ou de charité, tous ces sentiments n'ont rien à faire ici. Entends, je parle d'amitié, de soutien, et d'amour de toi…Reprends confiance. Laisse-toi guider à redevenir tout à fait toi.

Publié dans : LES CHRONIQUES DE COSAQUE
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Commentaires

J'ai trouvé des infos intéressantes sur ce site, pour héberger ceux qui ont des animaux:

http://www.iloanepatchwork.fr/article-quelles-solutions-d-hebergement-pour-les-sans-abris-et-leurs-compagnons-de-tous-poils-41465464-comments.html#c 

A bientôt Ami, et bisous 
Commentaire n°1 posté par Renard le 21/12/2009 à 02h46

A lire. Merci Renard pour ce lien.

Réponse de COSAQUE le 21/12/2009 à 09h51
Quand le doute s'insinue au fond de lui, ce doute qui fait qu'il ne se sent plus homme il ne comprend plus que cette main qui se tend est une main comme la sienne alors il faut redoubler de tendresse comme lorsque l'on apprivoise l'oiseau tombé du nid qui a perdu tout repère au point de ne plus ne reconnaître sa mère,
il faut tendre et tendre encore notre main jusqu'à ce que le peur, la honte, le découragement se muent en confiance retrouvée car là est le premier pas sur le nouveau chemin...
Commentaire n°2 posté par toujours des mots le 19/12/2009 à 17h39
Redoubler de tendresse, provoquer la confiance et tendre la main, encore et toujours !
C'est sans doute le plus délicat à réaliser !
Mais la persévérence est dans mon caractère...
Réponse de COSAQUE le 19/12/2009 à 17h56

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