PENSEE DU MOMENT !
Un type qui pense qu’il est arrivé,
c’est qu’il n’allait pas loin.
JEAN CARMET
CHALUT TOI LE VISITEUR
SOIS LE BIENVENUE
DANS LE MONDE DE COOKI,
LE CHAT CHRONIQUEUR
PHOTO COSAQUE 06/2008

Un type qui pense qu’il est arrivé,
c’est qu’il n’allait pas loin.
JEAN CARMET
CHALUT VOUS TOUS.
La convalescence de Cosaque paresse quelque peu, mais après de longs mois d’inquiétude, son état s’améliore de jour en jour. Nous avons tous hâte que la forme revienne au plus vite et que ses soucis de santé ne soient plus que mauvais souvenirs.
Loin de vous, Amis lecteurs, j’ai tout de même un aveu à formuler. Je reconnais ne pas avoir souffert de cette absence de chroniques, simplement parce que la santé de Cosaque nous a beaucoup préoccupé. Mamouchka, trop attachée à courir de son boulot à l’hôpital, puis de l’hôpital à la maison, et fatiguée par tant de tracas, n’avais que très peu de temps à nous consacrer. Bref, dans quelques temps, Cosaque pourra de nouveau trotter comme un lapin !
Le printemps est enfin là, mais la température ne monte pas, et le soleil n’est véritablement pas au rendez – vous. Nous avons revêtus nos plus chauds habits pour la course aux œufs, comme tous les gourmands. Aïe, attention aux indigestions de poules, lapins ou autres animaux en chocolat…Mais le chocolat, produit anti- stress par excellence, c’est délicieux et Rumba et moi en raffolons. Hé oui, les « greffiers aussi » ont leurs faiblesses alimentaires.
Mon grand espoir, c’est de vous retrouver nombreux vous Amis fidèles, et comme par le passé, nous nous engageons avec Cosaque à continuer de faire vivre ce blog.
Cosaque vous transmets ses sincères remerciements pour les forts nombreux messages de solidarités reçus, dès qu’il sera en mesure de venir tapoter le clavier, il le fera lui-même.
CHATLEUREUSEMENT VOTRE !
COOKI (Avril 2010)

Noël, gâté comme pas deux le COOKI. Si…Si, il existe encore des humains pour gratifier leur greffier d'un superbe cadeau. Tu vois, ici ce n'est pas la folie des grandeurs, juste un cadeau au pied du sapin pour chacun. Mais le choix est des plus judicieux. Un bel appareil numérique, simple d'utilisation et j'ai déjà tiré de bien sympathiques photos. Rumba dans son tout nouveau tutu de danseuse, Cosaque et sa pipe en écume, Mamouchka arborant son récent sac à main…Non, tu ne les verras pas en ligne, c'est la vie privée de la famille, et pour toi, ça ne représente aucun intérêt ! Et puis, en ces temps de crise, rien ne sert d'étaler…Nous ne sommes pas chez les " bling bling " nous, pas des pipoles non plus !
Alors, j'ai décidé d'ajouter à mes talents de chat chroniqueur, celui de reporter photographe. Bon, d'accord, j'ai pas toujours la modestie vrillée au corps, je te l'accorde, mais avec un soupçon d'entrainement, mon œil va capter les images et tu comprendras alors, qu'avec un poil de persévérance, même un chat européen peut faire quelques photos " parlantes "…Du style sculptures urbaines anti sans abri. Et oui, ce type d'œuvres existe bien et vient de faire l'objet d'un reportage sur France 3 " Capitale ". Proprement scandaleux. Qui installent des pics, des herses, des barreaux, des cactus, dans les recoins d'immeubles ou entrées de centre commerciaux, qui placent des barrières ou autres objets n'ayant pour but que de tenter de cacher le monde des miséreux qui subsistent autour de nous. Nous sommes bien loin des promesses d'un candidat, des Rolex ou autres Cartier, du caviar et champagne. ECŒURANT... REVOLTANT. Oui, je sais, tu vas encore dire, il se répète. Et alors ? Nos sans abris, eux, c'est chaque jour qu'ils claquent des dents, l'estomac noué, la peur au ventre et la solitude ancrée au plus profond de leur âme. Il en est même qui meurent encore…
Alors, si au détour de mon chemin, je trouve ce genre "d'œuvre" du mal soit disant d'art, je promets de faire quelques clichés et de les faire circuler. La honte et le discrédit, n'habitent pas toujours à des milliers de kilomètres. Regarde, à dix mètres de toi, la misère et le désarroi sont souvent un lot quotidien !
CHATLEUREUSEMENT VOTRE.
CHATLUT VOUS TOUS,
C'est avec un sourire à deux balles que le vendeur nous reçoit et ses " Chers clients " long comme le bras, m'agacent un brin. Nous ne le connaissons ni d'Eve ni des dents et voilà ce type qui nous demande si nous allons bien, et s'autorise des familiarités qui frisent l'incorrection. Et oui, je suis sans doute vieille France comme l'on dit, et lui, le jeunot se croit sans doute très fortiche…Mais je ne le trouve pas véritablement à la hauteur de sa fonction…
Mamouchka m'offre un costume, et les essayages durent depuis ce matin dans différents magasins, sans succès pour l'heure. Délicat l'achat du premier complet veston. Faut dire aussi que les modèles pour félins ne garnissent pas les étagères des boutiques.
Au détour d'un rayon, dormant paisiblement sur son cintre, le vêtement de mes rêves m'attend. Le vendeur démarre son boniment, assurant que celui – ci est réalisé et taillé pour moi. Le fourbe, le voilà qui m'assure de ma taille mannequin, de mon teint se mariant agréablement à la couleur de l'habit. La cabine est exigüe, mais j'arrive tout de même à enfiler la tenue. Pas de grosses retouches à entreprendre, et en bonne couturière, Mamouchka va réaliser elle-même le boulot.
Et là, bouleversement, la question fatidique sort de sous mes vibrisses et glace le vendeur : "Est-ce une fabrication Française ?"
La catastrophe de Tchernobyl ou les grandes marées d'équinoxe, n'auraient sans doute pas provoquées de plus grands effets sur ce gamin encore imberbe. Mais il a le sens du commerce, et répond avec un aplomb digne d'un chef d'état sachant mentir : " Ici, nous ne fournissons que de la fabrication Française, de plus en quoi cela vous gêne – t'il ? ".
D'abord, môme, ça c'est mon affaire, ensuite je suis client, j'ai donc droit au libre choix. Je retourne l'étiquette, évidemment je trouve la célèbre formule "made in" avec un nom très proche de la capitale, si proche qu'en avion tu mets 14 heures pour y aller et deux escales pour faire le plein !
Le type, insiste et formule encore son interrogation. Je lui oppose un silence de matou en colère, mon regard lui intime l'ordre de se taire, et posant les effets sur la caisse, nous sortons. Mamouchka, n'a besoin d'aucune explication, connaissant mes idées sur le sujet. Comment développer à cet apprenti, que je ne veux cautionner ni le travail illégal de l'enfant de l'autre bout du monde, ni les cadences infernales, ni l'exploitation de l'homme par l'homme, ou moins encore les salaires de misère de ces ouvrières. Et aussi ne pas remplir les poches de ces "gentils actionnaires" prônant les délocalisations avec pour seul but le profit. Que lui dire sur le nombre toujours grandissant de chômeur, ici, dans notre pays, alors aider, oui, participer à l'exploitation honteuse et abusive des gens qui crèvent de faim à des milliers de kilomètres, le gamin peut se brosser…
CHATLEUREUSEMENT VOTRE.
CHATLUT VOUS TOUS.
Le catalogue de quelques dizaines de pages est posé sur la table basse du petit salon, et nous voici penchés, prêts à franchir les feuilles qui nous séparent du pays des rêves. Agrémenté de belles photos, ce magasin à domicile, papier glacé et quadrichromie, est pure merveille. Les objets nous tendent les bras, clignant des yeux, cherchant l'adoption ou le choix pour un cadeau…
Je suis tout chamboulé par tant de sollicitude, la publicité joue la séduction à outrance et moi, je tombe presque dans le panneau. Une page de plus et hop, Cooki fait chauffer la carte bleue, c'est si facile ! Tu choisis, vas sur Internet et en avant la musique, prêt pour la commande tu n'as pas même l'impression de payer…L'esprit en ébullition, les sens en éveil, la curiosité exacerbée, la maladie me guette, sournoise, vicieuse…Cette maladie qui ne se soigne que difficilement, pas tout à fait honteuse, pas tout à fait méprisable, presque dégradante. Cette maladie promulguée au premier rang de la consommation, au nom de la croissance, du profit et du commerce. Oscar de l'achat compulsif, César du désir de possession. En suis-je déjà ébranlé ? Cette affection chronique, cette fièvre acheteuse ne bénéficie d'aucun traitement, sans vaccin. Plus il y a de malades, plus les actionnaires se frottent les mains, plus les banquiers s'inquiètent, mais les agios les aident à supporter leurs affres.
Mon esprit vagabond, m'entraine loin de cet ouvrage n'offrant, finalement, que fort peu d'intérêt. Il m'aide à réfléchir sur la fabrication du papier, au nombre d'arbres qu'il faut abattre au nom de l'économie de marché, et aux années nécessaires à faire pousser une forêt. La voix de Cosaque me tire de mes réflexions : " Dis donc Cooki, tu es bien rêveur, ce matin." Je lui miaule une tendre pensée affectueuse et file dans mon panier afin de mieux songer à ma guérison.
Le catalogue de quelques dizaines de pages est posé sur la table basse du petit salon. En attente de tri sélectif, de reconversion. Dans une prochaine vie il deviendra chiffon, dépoussiérant et oubliant par là même son inutilité passée au service du superflu, du plaisir passager au nom de cette société de consommation si avilissante lorsque l'on ne s'en préserve pas…
CHATLEUREUSEMENT VOTRE !
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