CHALUT TOI LE VISITEUR
SOIS LE BIENVENUE
DANS LE MONDE DE COOKI,
LE CHAT CHRONIQUEUR
PHOTO COSAQUE 06/2008



Noël, gâté comme pas deux le COOKI. Si…Si, il existe encore des humains pour gratifier leur greffier d'un superbe cadeau. Tu vois, ici ce n'est pas la folie des grandeurs, juste un cadeau au pied du sapin pour chacun. Mais le choix est des plus judicieux. Un bel appareil numérique, simple d'utilisation et j'ai déjà tiré de bien sympathiques photos. Rumba dans son tout nouveau tutu de danseuse, Cosaque et sa pipe en écume, Mamouchka arborant son récent sac à main…Non, tu ne les verras pas en ligne, c'est la vie privée de la famille, et pour toi, ça ne représente aucun intérêt ! Et puis, en ces temps de crise, rien ne sert d'étaler…Nous ne sommes pas chez les " bling bling " nous, pas des pipoles non plus !
Alors, j'ai décidé d'ajouter à mes talents de chat chroniqueur, celui de reporter photographe. Bon, d'accord, j'ai pas toujours la modestie vrillée au corps, je te l'accorde, mais avec un soupçon d'entrainement, mon œil va capter les images et tu comprendras alors, qu'avec un poil de persévérance, même un chat européen peut faire quelques photos " parlantes "…Du style sculptures urbaines anti sans abri. Et oui, ce type d'œuvres existe bien et vient de faire l'objet d'un reportage sur France 3 " Capitale ". Proprement scandaleux. Qui installent des pics, des herses, des barreaux, des cactus, dans les recoins d'immeubles ou entrées de centre commerciaux, qui placent des barrières ou autres objets n'ayant pour but que de tenter de cacher le monde des miséreux qui subsistent autour de nous. Nous sommes bien loin des promesses d'un candidat, des Rolex ou autres Cartier, du caviar et champagne. ECŒURANT... REVOLTANT. Oui, je sais, tu vas encore dire, il se répète. Et alors ? Nos sans abris, eux, c'est chaque jour qu'ils claquent des dents, l'estomac noué, la peur au ventre et la solitude ancrée au plus profond de leur âme. Il en est même qui meurent encore…
Alors, si au détour de mon chemin, je trouve ce genre "d'œuvre" du mal soit disant d'art, je promets de faire quelques clichés et de les faire circuler. La honte et le discrédit, n'habitent pas toujours à des milliers de kilomètres. Regarde, à dix mètres de toi, la misère et le désarroi sont souvent un lot quotidien !
CHATLEUREUSEMENT VOTRE.
CHATLUT VOUS TOUS,
C'est avec un sourire à deux balles que le vendeur nous reçoit et ses " Chers clients " long comme le bras, m'agacent un brin. Nous ne le connaissons ni d'Eve ni des dents et voilà ce type qui nous demande si nous allons bien, et s'autorise des familiarités qui frisent l'incorrection. Et oui, je suis sans doute vieille France comme l'on dit, et lui, le jeunot se croit sans doute très fortiche…Mais je ne le trouve pas véritablement à la hauteur de sa fonction…
Mamouchka m'offre un costume, et les essayages durent depuis ce matin dans différents magasins, sans succès pour l'heure. Délicat l'achat du premier complet veston. Faut dire aussi que les modèles pour félins ne garnissent pas les étagères des boutiques.
Au détour d'un rayon, dormant paisiblement sur son cintre, le vêtement de mes rêves m'attend. Le vendeur démarre son boniment, assurant que celui – ci est réalisé et taillé pour moi. Le fourbe, le voilà qui m'assure de ma taille mannequin, de mon teint se mariant agréablement à la couleur de l'habit. La cabine est exigüe, mais j'arrive tout de même à enfiler la tenue. Pas de grosses retouches à entreprendre, et en bonne couturière, Mamouchka va réaliser elle-même le boulot.
Et là, bouleversement, la question fatidique sort de sous mes vibrisses et glace le vendeur : "Est-ce une fabrication Française ?"
La catastrophe de Tchernobyl ou les grandes marées d'équinoxe, n'auraient sans doute pas provoquées de plus grands effets sur ce gamin encore imberbe. Mais il a le sens du commerce, et répond avec un aplomb digne d'un chef d'état sachant mentir : " Ici, nous ne fournissons que de la fabrication Française, de plus en quoi cela vous gêne – t'il ? ".
D'abord, môme, ça c'est mon affaire, ensuite je suis client, j'ai donc droit au libre choix. Je retourne l'étiquette, évidemment je trouve la célèbre formule "made in" avec un nom très proche de la capitale, si proche qu'en avion tu mets 14 heures pour y aller et deux escales pour faire le plein !
Le type, insiste et formule encore son interrogation. Je lui oppose un silence de matou en colère, mon regard lui intime l'ordre de se taire, et posant les effets sur la caisse, nous sortons. Mamouchka, n'a besoin d'aucune explication, connaissant mes idées sur le sujet. Comment développer à cet apprenti, que je ne veux cautionner ni le travail illégal de l'enfant de l'autre bout du monde, ni les cadences infernales, ni l'exploitation de l'homme par l'homme, ou moins encore les salaires de misère de ces ouvrières. Et aussi ne pas remplir les poches de ces "gentils actionnaires" prônant les délocalisations avec pour seul but le profit. Que lui dire sur le nombre toujours grandissant de chômeur, ici, dans notre pays, alors aider, oui, participer à l'exploitation honteuse et abusive des gens qui crèvent de faim à des milliers de kilomètres, le gamin peut se brosser…
CHATLEUREUSEMENT VOTRE.
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