PENSEE DU MOMENT !
Un type qui pense qu’il est arrivé,
c’est qu’il n’allait pas loin.
JEAN CARMET
CHALUT TOI LE VISITEUR
SOIS LE BIENVENUE
DANS LE MONDE DE COOKI,
LE CHAT CHRONIQUEUR
PHOTO COSAQUE 06/2008

Un type qui pense qu’il est arrivé,
c’est qu’il n’allait pas loin.
JEAN CARMET
La rentrée, c'est la rentrée…Tu as le cœur serré, l'estomac vrillé et tes jambes flageoles. Tes affaires neuves sont sagement rangées dans ton cartable, le coiffeur a œuvré, tes vêtements sont neufs, ainsi tu es présentable…
C’est la rentrée. Redoutée par les uns, attendue par les autres, un moment important. L’automne se profile à l’horizon, avec son lot de grisaille, de feuilles mortes. Les jours raccourcissent, la température chute et bien souvent le moral est en baisse.
C’est la rentrée. Dans la cour, les anciens se retrouvent et échangent leurs exploits de l’été, les vacances, les rêves réalisés, les premiers émois. Toi, dans un coin, tu ronge ton frein. Tu aperçois le petit voisin de dessus, et presque timidement lui adresse un pâle sourire.
C’est la rentrée. Tu ne sais comment échapper aux questions des copains, au sujet de la première rédaction « racontez en quelques lignes vos vacances ». Une fois de plus, il te faudra plonger dans ton imaginaire, inventer des exploits, des balades, des jeux et des visites familiales, des rencontres.
C’est la rentrée. Et tu redoutes ce jour au plus profond de toi. Comme chaque année, tu es resté dans ce deux pièces exigus, durant tout l’été, avec pour seule distraction les histoires qui filent dans ta tête, les copains inventés, une vie de solitaire.
C’est la rentrée. Pâle journée, caractère maussade. Les autres se demanderont bien quel est ce nouveau si taciturne, si renfermé…Mais si tu ne vas pas vers eux, ils oublieront bien vite leurs questions et continueront à échanger leurs rêves éveillés, leurs mensonges d’été pour épater la galerie.
C’est la rentrée. Personne ne se doutera que le mot vacances pour toi, est synonyme d’ennui, de cafard, de solitude. Personne dans cet espace ne peut s’imaginer que tu n’as vu la mer qu’en photo et la montagne un jour au cinéma de ta précédente école. Tu fais partie des oubliés, de ces enfants sans voyage à expliquer, sans destination de rêve à explorer. Ton seul bonheur, pendant cet été, est la glace du dimanche. Maigre consolation.
C’est la rentrée, et tu attends l’heure pour te mettre au travail. Studieux, sérieux et appliqué. Tu veux décrocher des diplômes, et pouvoir, un jour, vivre de véritables vacances. Patience, c’est pour demain. Courage, le chemin n’est pas si long.
LE COUP DE BLUES...IDENTIQUE...PIRE QUE L'AN DERNIER
!
Non, ne me dites pas que je rêve encore. Ne me laissez pas croire qu’une fois de plus je vis en chimères ou
autres nébuleuses rêveuses.
Il est bien là, à me tendre la joue, attendant la consécration suprême, l’acte hypocrite par excellence, le seul de l’année, certes, mais tout de même ! Réflexion faite …je me demande si je rentre dans son jeu ou si je refuse. Au risque de supporter un incident diplomatique, je suis tenté de lui tourner le dos, de feindre l’ignorance totale et méprisante, dédaigneuse. L’envie de partir m’empoigne, le désir de fuir m’envahit.
Il s’approche, imperceptiblement, et feint de ne pas remarquer mon hésitation, ma répugnance à plonger dans cette mascarade. Et tout à coup, dame providence drapée de sollicitude me tend ses bras. Une bousculade se transforme en marée humaine, je suis éloigné malgré lui de ce personnage. De loin, parmi le brouhaha je l’entends hurler : « A l’année prochaine, même heure même endroit OK ? »…
Les mètres qui nous séparent m’empêchent de lui répondre. Mes oreilles captent ma voix et entendent une phrase étonnante, détonante : « T’as raison, va te faire voir…Salut l'hypocrite ! »
Ouf, je l’ai échappé belle…Il me reste 364 jours pour réfléchir si oui ou non…je lui souhaite une bonne et heureuse année…La prochaine fois !
Simple rappel, tu n'as pas eu le temps de lire ma lettre, alors je m'y prends à l'avance, cette fois-ci, tu as une année complète pour y réfléchir…
Cher Papa Noël, serais – je le seul " Papinou " de 60 ans à t'envoyer une lettre en cette fin d'année 2009 ? Saches finalement, que je me moque de le savoir, le principal étant que tu reçoives et lises cette lettre, qu'elle ne soit pas classée sans suite par ta secrétaire…
Cher Papa Noël, voilà sans doute plus de cinquante cinq ans que je ne te dérange plus…Mais t'ai-je dérangé un jour ? Hélas mes souvenirs me trahissent et je ne sais si j'ai déjà ou non tenté d'écrire une telle missive, mais peu importe, je refuse de vivre dans le passé. Pas facile, de s'adresser au mythe enfantin, à ta légende, mais aujourd'hui je n'en peux plus, me taire serait sacrilège !
Cher Papa Noël, dans mes souliers, je ne veux rien, mais rien de rien, quoiqu'une parcelle supplémentaire d'énergie pour continuer la lutte contre la sottise humaine, l'injustice et l'inégalité, serait la bienvenue. Par contre, je te donne des indications pour combler quelques enfants qui ne t'attendent pas, ignorant sans doute jusqu'à ton existence. Dans les mains du premier, apporte-lui une poignée de riz, il sera comblé de la partager avec ses dix frères et sœurs. Pour le second, offre-lui quelques instants de silence, sans sifflement de balles ou fracas de bombes. Le suivant serait – heureux de recevoir le vaccin nécessaire à le sauver, tel autre souhaiterait une école pour apprendre à lire, un autre encore n'attends qu'un sourire pour s'initier à l'amour, et un autre encore aimerait simplement découvrir ce que sont un toit ou un lit…Je ne te donne aucune adresse, le choix est si immense !
Cher Papa Noël, évite l'abondance au pied de certains sapins, aux coins de certaines cheminées. Il existe des adresses à oublier, et là aussi, le choix est immense. Je te laisse seul juge, à la vue de ton grand âge et de ta sagesse, je suis persuadé que tu feras au mieux. Car vois – tu, j'ai confiance en toi, et ça ne doit pas se trahir, la confiance. Alors, à bord de ton traineau, tiré par tes rennes, pense à cette lettre, d'un " Papinou " et fais la différence entre naïveté et utopie !
Alors, nous sommes d'accord, pour Noël 2010, tu fais un effort…

NOËL, mot magique s'il en est. Certains feront bombance une partie de la nuit, et insouciants, s'endormiront, repus, gavés tels les oies dont ils ont avalé le foie, alcoolisés au-delà du raisonnable…
NOËL, mot féérique pour nos chers bambins. Combien auront du mal à s'endormir, attendant le Père Noël depuis longtemps. Qui trouvera dans ses souliers les objets convoités, espérés, qui recevra tant et tant qu'il en restera perplexe ne sachant par quel bout commencer…
NOËL, mot prodigieux dont le sens est si différent pour tel ou tel, qu'il se multiplie à l'infini. D'un office religieux ou repas en famille, de mets de fêtes à une simple orange, du trop plein au tout vide, de la danse des canards à celle de l'oubli…
NOËL, mot extraordinaire, yeux brillants de joie et d'allégresse, d'Amour et d'Amitié pour les uns, yeux vidés d'espoir et de lumière, envahis de froidure, de désarroi, de lutte ou de combat pour les autres…
NOËL, mot fabuleux, fait de lendemains papier cadeau dispersé, bouteilles éparpillés, "Alka Seltzer", verres d'eau, cafés forts, pour les uns, ponts, cartons, vent glacial, corps endoloris, guerre, famine, maladie pour les autres…
NOËL, mot mythique pour un grand nombre, inconnu sur une trop grande partie de planète. Mais que vos cœurs se réjouissent, que vos âmes chantent, que vos esprits soient festifs, gardez-en vous, cette parcelle de solidarité fraternelle, ce soupçon de notion de partage, cette pincée d'humanité salvatrice qui font de nous des êtres humains. Fêtons NOËL, sans oublier l'autre, sans condamner son prochain. Alors, nous serons enfin capables de conjuguer, ensemble, les verbes AIDER, OFFRIR, AIMER, PARTAGER…
LA NOURRITURE DES ARTISTES SONT LES APPLAUDISSEMENTS
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