ECLATS DE VIVRE
Bravo mon pote, quarante ans sans se voir, un sacré bail tu sais, et tu es là, devant ma porte, souriant béatement aux étoiles. Tu dis des mots merveilleux, amour, amitié, souvenirs…Tu as aperçu mon adresse dans ton carnet de molesquine, oublié dans un tiroir, et retrouvé au hasard d'un rangement…
Bravo mon pote, tu éprouves du bonheur à me revoir, et tu es là, face à moi, coincé dans le fauteuil après mon invitation à t'installer, admirant ton verre et tes chaussures. Et soudain, tu parles, gesticules et expliques. Regrets de ne plus avoir donné signe de vie, désir de renouer des relations durables et profondes, comme avant…
Bravo mon pote, tu veux décrire ta vie, tes voyages, ta réussite professionnelle, tes échecs sentimentaux, tes déboires personnels. Et tu es là, évitant mon regard, ayant tant à dire, que tu butes sur les mots, les syllabes ne s'enchaînent plus, et toi tu te déchaînes…Presque à t'énerver…Rien à comprendre, tout à écouter, en vrac…Sans autres possibilités…
Bravo mon pote, tu as effectué le voyage pour me saluer et selon tes dires prendre de mes nouvelles. J'en doute, car depuis deux heures, tu ne parles que de toi, de ta vie, de tes désirs, de tes soucis, de tes problèmes. Tu ne cherches pas même à savoir si le plaisir est partagé, si la rencontre est agréable, et si mon contentement est de t'écouter ou non…
Bravo mon pote, tu ne comprends pas plus qu'il y a quarante ans, je te retrouve aujourd'hui, inodore, insipide, translucide, inexistant. J'ai mal pour toi mais n'éprouve aucun sentiment, ni haine, ni pitié. Aucun espoir de te comprendre. Range donc ton carnet de molesquine dans son tiroir, et arrache la page ou tu m'as retrouvé. Car dans mon souvenir, c'est bien toi qui a quitté notre chambre d'étudiant, sans crier gare, emportant avec toi, mes affaires, mon argent, mes cours, mes papiers, ma guitare ! J'attendais simplement un mot, et la porte de mon cœur se serait peut – être ouverte à nouveau…Dommage, tu peux effectuer le voyage en sens inverse, je n'aurai ni tristesse, ni rancœur, pas même du dégout…
Simplement le regret de n'avoir pu te saisir…Je resterai le hasard vivant dans un carnet de molesquine oublié au fond d'un tiroir, et c'est bien la place, à laquelle tu te dois de me laisser désormais…
Merci AMIE DO...
A+++
En fait, quand il est reparti, tu savais tout de sa vie et lui, rien de la tienne.... finalement c'est peut-être mieux comme ça..
Je suis contente, il y a peu de chances que ça m'arrive, j'ai déménagé tant de fois... et puis, je ne sais si j'aurais eu ton sel-control..
Les rares fois où ça m'est arrivé (mais pas après 40 ans) je me suis aussi aperçue que les souvenirs des uns n'étaient pas du tout les mêmes que les miens pour la même histoire, alors....
Gros bisous à toi Cosaque, que ce WE te soit agréable
Sans doute notre différence d'analyse et de perception...
Bisous à Toi AMIE RENARD
ça ne manque pas d'assaisonnement...salé ton histoire !
Bisous, bisous.
Do
Je te disais simplement MERCI AMI DO
Il y a des gens comme ça...
Et d'autres, comme toi, qui les écoutent s'enfermer dans une image qu'ils voudraient reconnaître mais qui n'est pas la leur.
Bonne soirée, Cosaque. Merci.
Bonne soirée. Bisous Mamy Ariane.
Quel beau texte, que de belles phrases qui se fondent en paragraphes et que c'est merveilleux de lire ton texte... On a tous un ou une ami (e) qui est parti (e) en claquant la porte (ou pas...) et qui n'a plus jamais donné signe de vie et au croisement de chemins, on se retrouve et soit ça passe, soit ça casse et au bout de 40 ans, je crois que ça casse.
Mais tu as eu une attitude digne, mais ça c'est tout toi, tu restes maître de la situation. Je suis émerveillée...
Bravo pour ton texte qui est vraiment formidable...
Bonne journée à toi et @ bientôt.
Bisous, bisous.
Amitié de terres de Champagne.
Ton amie, Do